Chronique littéraire

Avez-vous lu La souveraineté du Québec: Hier, aujourd’hui et demain de Jacques Parizeau qui est sorti avant les Fèèèèètes comme je vous en parlais brièvement ici?

Bon, honnêtement, je l’ai acheté par conviction politique…je me suis dit qu’il ne serait presque pas normal dans mon cas de dire à quelqu’un que je ne l’ai PAS lu. Alors mes attentes n’étaient pas très élevées. Pas que Jacques m’indiffère, au contraire, mais les quelques commentaires entendus ça et là avant sa parution me laissait croire à un petit pamphlet, à peine souverainiste, et bla bla bla…

Quelle erreur mes amis!

Permettez-moi  de vous citer quelques extraits:

Sur le désordre politique:

Pierre Elliott Trudeau, premier ministre du Canada, grande figure charismatique, a déjà remporté 74 des 75 sièges électoraux du Québec pendant que René Lévesque, chef du Parti québécois, autre grande figure charismatique, était au pouvoir au Québec. La situation politique du Québec était paradoxale au point d’en être ridicule (…) Il va de soi qu’un tel désordre politique mène invariablement au désordre des affaires publiques. C’est ainsi, par exemple, qu’il y eut un temps où le gouvernement de Québec gérait 13 programmes d’aide aux enfants et le fédéral, 12. (…) On finit par tellement prendre l’habitude de ce désordre que l’on n’imagine plus que les choses puissent être simples et claires.

Honnêtement, 30 ans plus tard, on est encore pogné dans ce merdier. Les transferts aux provinces, le déséquilibre fiscal, la multiplicité des programmes, le fonctionnarisme, sont tous des problèmes qu’on vit encore aujourd’hui.

 

Sur la perspective historique mondiale:

Les années qui suivent la deuxième Guerre mondiale vont être caractérisées par la guerre froide entre États-Unis et Union soviétique et par un mouvement général de décolonisation. L’effondrement des empires coloniaux fait apparaître des dizaines de nouveaux pays indépendants, en commençant par l’Inde et le Pakistant en 1947. Cet immense mouvement qui se fait souvent dans la violence n’a guère d’impact dans un Québec qu’une poignée d’intellectuels n’arrive pas à sortir de sa torpeur, jusqu’à la toute fin des années 1950. La Révolution tranquille va tout changer…

Dans toute l’histoire de la lutte pour la souveraineté du Québec, bien peu de gens sont en mesure de garder à l’esprit que d’un point de vue historique, celle-ci est relativement jeune. Bien des peuples luttent depuis bien plus longtemps et n’y sont toujours pas plus arrivés. Est-il vraiment urgent de tenir un autre référendum? D’un point de vue de protection de la langue française en Amérique du Nord, il faut dire oui. Mais d’un point de vue purement historique, l’urgence n’y est pas encore. On a souvent parlé, dans le milieu souverainiste, de « conditions gagnantes ». À mon avis, tant qu’on devra se poser cette question, c’est que nous n’y serons toujours pas. Un jour, elles seront évidentes.

 

Sur les autochtones face à la souveraineté:

En tout état de cause, le dossier autochtone méritera toujours une attention particulière pour un Québécois qui se veut indépendantiste. L’image internationale de la gestion des affaires autochtones sera un des critères dont on se servira pour juger de l’aptitude du Québec à gérer ses propres affaires.

Ce dossier est épineux et délicat. Après le Nunavut qui est devenu un territoire autonome en 1999, le Nunavik (territoire Inuit québécois au Nord du 55e) surtout mais aussi l’Eeyou Istchee (territoire Cri de la Baie-James) ont déjà bien entamé les travaux pour obtenir un gouvernement autonome. Pourrait-on légitimement réclamer la souveraineté du Québec et refuser à ces peuples (les Inuit ne sont pas autochtones au sens propre en passant) leur propre gouvernement? Poser la question est y répondre. D’ailleurs, il est non seulement prévisible mais je dirais même souhaitable que ces peuples obtiennent leur autonomie avant toute forme de souveraineté du Québec car avoir à débattre de ce dossier pendant une campagne référendaire viendrait porter ombrage au débat principal. D’autant plus que la Convention de la Baie-James a souvent été utilisée, internationalement, pour propager une image de respect de ces peuples, ce qui n’est pas vraiment le cas, comme j’en discutais dans ce billet.

 

Sur la Loi de la clarté:

Si le gouvernement fédéral ne jugeait pas la question référendaire suffisamment claire, ou si le résultat du référendum n’était pas assez clair, alors il refuserait de négocier avec un gouvernement du Québec qui viendrait de gagner un référendum portant sur la souveraineté. Comme l’avis de la Cour Suprême ne clarifiait pas la clarté, c’est le gouvernement fédéral qui, dans sa grande sagesse, dicterait la clarté, donc dicterait la loi!

Il s’agit ici à mon avis du plus lâche et abominable jugement de l’histoire de la Cour Suprême du Canada. Elle n’a pas voulu se mouiller. Elle a préféré remettre les armes entre les mains du gouvernement Fédéral. N’en doutez point chers lecteurs, ce sont tous les Canadiens, qu’ils soient souverainistes, fédéralistes ou qu’ils s’en foutent éperdumment, qui ont perdu un bout de leur liberté ce jour là. D’ailleurs, et si c’était l’Alberta qui devenait un pays avant le Québec? Y avez-vous déjà pensé? C’est pourtant une forte possibilité. La Loi de la clarté devrait alors également s’y appliquer. Et n’y aurait-il pas de meilleur contexte pour une campagne référendaire souverainiste au Québec qu’en pleine campagne référendaire souverainiste Albertaine?

 

Sa conclusion:

La conclusion ramène à ce qui m’est toujours apparu comme la raison profonde, essentielle de la souveraineté du Québec: être responsable de soi-même dans une démocratie où l’État est pleinement redevable à ses citoyens.

Ne la lisez pas trop vite… « Être responsable de soi-même » …N’avons-nous pas tous ce désir? Bien au-delà de la souveraineté ici, ne cherchons-nous pas tous, comme Êtres Humains à ne dépendre de personne? De pouvoir prendre nos propres décisions sans que quelqu’un d’autre nous bloque? De pouvoir être son propre patron? C’est carrément de liberté dont il est question.

Et un « État pleinement redevable à ses citoyens »…pensez-y!  Comme Abraham Lincoln l’a si bien dit dans son historique Gettysburgh adress:

…that this nation shall have a new birth of freedom — and that government of the people, by the people, for the people, shall not perish from the earth.

 

Je vous le dis, c’est vraiment un livre à lire…et ça se lit très bien et rapidement (à peine 254 pages). Allez-y sans crainte, il n’y a pas de danger de lavage de cerveau   🙂  

Mon centenaire

Et bien, pour ceux qui sont observateurs, vous avez remarqué que ceci est mon 100e billet.

Quand j’ai vu ce chiffre approcher, je me suis dit que j’allais pondre quelque chose de très original, de sérieux mais drôle à la fois, de super intéressant qui serait rempli de symbolique et tout et tout…

Ben, vous savez quoi? Y m’ont tellement fait chié avec leur CHentenaire que mon centenaire à moi se limitera à ceci:

« On s’en câlisse!!!! »

:mrgreen:

Méchante gibelotte météo!

Miss météo s’est vraiment surpassée cette semaine:

Lundi: 8 degrés, 50mm de pluie;

Mardi: 5 cm de grosse neige collante;

Mercredi: Superbe soleil;

Jeudi: 15cm de neige, vents de 60km/h, poudrerie, branches cassées;

Pis ce matin, je me réveille avec un beau petit -28degrés au thermomètre!

 

Comme dirait mon ti-papa: « Maudite terre de Caïn!!!! »

🙂

Défi Mathématiques (5)

Une ptite facile 😉

Et là ma gang de tricheux…pas de calculette ou d’ordi!!!

Combien y a-t-il de zéros à la fin du nombre généré par le calcul de la suite multiplicative suivante:

1 x 2 x 3 x 4 x…x 97 x 98 x 99 x 100 ?

🙂

Livre: Ma vie au Nunavik (9)

Mes élèves

Vendredi, 28 août 1998 : J’ai clairement de très bons élèves dans mon groupe de secondaire 3-4-5. Évidemment, quand je dis « bon » c’est relatif. Il y a Joanasie qui, malgré une hyperactivité somme-toute contrôlée, est très intelligent. Comme on dit, il a la bosse des Maths.

Salamiva et Dallacy (qui vient d’Aupaluk) travaillent sans demander leur reste, sourient tout le temps et ne dérangent jamais.

Leah est aussi très intelligente, très gênée par ailleurs, mais elle se laisse facilement distraire par les autres, surtout son cousin Joanasie.

Qipitaq est toujours marabout mais faut dire que presque tout le monde de sa famille est comme ça, ce n’est donc pas surprenant.

Naulittuq vient d’Ivujivik. Il est rieur et farceur mais peut facilement s’enrager. Il a aussi clairement de très grandes carences au point de vue des apprentissages, il n’a acquis aucune habitude de travail pendant toutes ses années d’étude à Ivujivik et est plutôt perdu. Je vais devoir faire beaucoup de rattrapage avec lui si je veux arriver à quelque chose.

Willie me fait peur. Pas que je suis inquiet pour ma sécurité…disons que j’en impose pas mal. Mais honnêtement, je ne sais pas c’est quoi mais il y a quelque chose de torturé et de malsain au fond des yeux. C’est une des étoiles de l’équipe de hockey du village…et quand je dis « étoile » je veux vraiment dire que les autres le voient comme la Star. Il est facilement maussade et difficile à faire travailler. Bon, il peut être très poli mais je devrai le garder à l’œil, j’ai l’impression qu’il pourrait me pèter toute une crise un jour.

Tumasi est timide et réservé. Il semble par ailleurs avoir lui aussi passablement d’aptitudes en mathématiques.

Elaisa est la plus ricaneuse du groupe. Elle rit souvent et elle rit fort! Elle aime les blagues et elle est capable d’autodérision…excellent! Je crois même qu’elle comprend l’ironie et le sarcasme, même en français, faut le faire! Passablement de lacunes académiques cependant.

Pasha, c’est ma perle! Toute douce, toujours souriante, toujours polie, elle dit toujours bonjour, s’il-te-plaît et merci et elle travaille bien malgré plusieurs lacunes elle aussi.

Finalement, le dernier et non le moindre, Jimmy est vraiment la brute. On ne peut pas le contrarier sans que son visage se donne des airs de tueur en série. Pour ceux qui connaissent, il imite constamment Stone Cold Steve Austin de la WWE qui est un personnage justement brutal, qui envoie promener son patron jusqu’à s’en prendre physiquement à lui, se bat contre toute forme d’autorité ou de structure et qui fait tout comme il le veut! Mettons que s’il ne comprend pas que Stone Cold est un personnage et qu’on ne peut pas agir ainsi à l’école envers les autres, qu’ils soient des élèves, des profs ou la direction, on va avoir de sérieux problèmes! Pis évidemment, ce qui n’aide pas, c’est qu’il présente lui aussi de graves lacunes académiques. Ouf! Sera pas facile celui-là.

Ma deuxième partie de tâche est en formation générale à l’Éducation des adultes. J’ai eu à faire de la publicité dans le village pour attirer les personnes ayant décroché…et j’ai complété les inscriptions aujourd’hui. Pas grand monde pour l’instant : Uquutaq, Louis, Aparta, Alaku et Sapina. On verra bien lundi pour leur niveau académique car je dois leur faire passer un test de classement.

 À suivre…

Défi Mathématiques (4)

Je suis agréablement surpris, mes stats confirment que mes ptits défis sont passablement populaires! Alors donc…un autre petit facile?   😉

Trouvez l’erreur:

Emgee achète neuf crayons à « x » cents l’unité, trois plumes à « y » cents l’unité, en plus de quelques cahiers à 60 cents l’unité. Le commis lui demande $2.30 pour tous ses achats. Emgee étant très perspicace, elle lui fait remarquer qu’il doit y avoir une erreur.

Pourquoi dit-elle ça?

😀

Stabilisation

Bon, je savais que ça s’en venait. Cette semaine, la perte est pas mal moins spectaculaire…2 livres en moins. Mais ce que je retiens, contrairement à d’autres moments dans ma vie où j’aurais pu me laisser abattre par un ralentissement, c’est que c’est quand même une perte. Et qu’un ralentissement est tout à fait normal. Mais puis-je vraiment être déçu de 44 livres en 4 semaines? De 11 livres par semaine de moyenne? Voyons! C’est formidable!

Et puisque j’écris tout, je vois bien que la semaine n’a pas été parfaite…j’ai été moins chez-moi, donc le tapis roulant n’a pas pu se faire aller autant, j’ai eu 2 journées complètes de repas au restaurant et même si je n’y ai pas fait d’abus, on contrôle certainement moins le total calorique. Bref, on se retrousse les manches, on sait ce qu’on a à faire…on le fait, et ça va continuer. Ça descend toujours, c’est ça qui compte.

Allez hop!