Livre: Ma vie au Nunavik (16)

Tuques et manteaux

Vendredi 25 septembre 1998: Si je vous disais « les Inuit sont frileux » vous me traiteriez probablement de niaiseux. Pourtant, en observant les habitudes, c’est ce qu’on pourrait penser à l’occasion.

En effet, depuis mon arrivée ici, et surtout dans ma classe, je remarque que tous les élèves insistent pour garder leur manteau (Parka, Attigi ou Amauttiq) et leur tuque (Nassaq) sur eux même dans l’école, pendant les cours. Et là attention, ce n’est vraiment pas parce qu’il fait froid dans l’école. Je suis en manches courtes, il fait 22-23 degrés facilement et personnellement, je n’ai pas besoin de bouger beaucoup pour avoir chaud.

Alors, comme on dit « c’est quoi l’buzz? ». J’ai beau me creuser les méninges, je ne trouve pas d’explication. On pourrait penser que ce sont seulement les filles adolescentes qui sont gênées par leurs changements physiques liés à la puberté mais non, les gars aussi font ça et les plus vieux également. 

Pourtant, ils ont dû comprendre depuis longtemps que d’avoir chaud en dedans est la meilleure façon d’avoir froid une fois dehors!

Pour la tuque, à la limite, je pourrais comprendre pour ceux qui sont en plein « bad hair day » mais le manteau lui?

Est-ce que c’est un restant de l’époque des igloos où on gardait facilement nos vêtements avant de se coucher sous les peaux?

Vraiment, c’est une énigme…que j’entends bien résoudre un jour!

À suivre…

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Livre: Ma vie au Nunavik (15)

Pool d’hockey

Jeudi 24 septembre 1998 : J’ai toujours été un maniaque de pools d’hockey que j’organisais avec mes chums du Sud. D’ailleurs, je poursuis toujours l’aventure avec eux. On devrait faire le repêchage en fin de semaine avec moi au téléphone bien-sûr. Il était donc normal que je veuille en organiser un ici aussi d’autant plus que les Inuit sont maniaques du hockey. J’ai donc monté une petite structure simple et affiché le tout à l’école, à la Coop, à l’aéroport, au Northern, au bureau municipal et évidemment à l’aréna!

Ça m’a d’ailleurs fait subir les foudres de Chris qui trouvait que je lui pilais sur les orteils. Il est vrai que j’aurais pu demander au monde s’il en existait un ici mais comme je n’avais rien vu d’affiché avec un mois à faire avant le début de la saison de la LNH, je me suis lancé. Le repêchage en question vient juste de se terminer.

 

J’ai réussi à avoir 14 participants : Guylaine, Carlos, Jaani, Charlie, Sheona, Lukasi, Tracey, Pierre, Taqa, Patrick, Roland, Chris, Annick et moi. Quand même pas mal pour une première du genre. Nous avons tous mis 20$ et ça donnera 168$ au premier, 84$ au deuxième et un beau 28$ au troisième. Bon, ce n’est pas avec ça qu’on va contrer les effets du pouvoir d’achat nordique mais ça agrémente les matchs qu’on peut regarder à la télé et évidemment, ça nous donne d’excellentes occasions de tirage de pipe!

 

Nous devions tous choisir 12 joueurs, 6 avants, 4 défenseurs, 1 gardien et un substitut qui pouvait être de n’importe quelle position. Seuls les 10 meilleurs pointeurs de notre équipe compteront pour le classement, laissant ainsi la chance d’être dans la course malgré une blessure majeure à un de nos joueurs.

 

J’ai eu la chance de choisir 14e!!! Bon, pour ceux qui connaissent les pools, si on ne choisit pas 1er, il est souvent mieux de choisir dernier en première ronde puisque ça implique qu’on choisit aussi 15e (1er de la 2e ronde) et donc qu’on fait toujours 2 choix d’affilée. Ça permet de voir venir les choses et de ne pas prendre de chance qu’un joueur en particulier sera disponible lors de notre prochain choix.

 

Puisque j’ai une grande histoire avec Joe Sakic, je me suis garoché dessus à mon 1er choix. Oui oui, il y a des malades qui l’ont laissé passé en pensant faire mieux avec un gardien comme premier choix. J’en suis bien heureux! Surtout que j’ai eu le plaisir de le côtoyer quelques heures en 1995 avant leur déménagement au Colorado L

 

On verra bien ce que ça va donner mais je suis bien content de mon équipe.

À suivre…

Livre: Ma vie au Nunavik (14)

Skidoo-dlidoo

Samedi 19 septembre 1998 : Bon, c’est fait. Je me suis arrangé avec mon père et Contant Skidoo à Laval pour qu’ils me mettent ma nouvelle fusée MxZ jaune sur l’avion le plus tôt possible. Comme le budget est assez limité de ce temps-là, j’ai dû m’en remettre à acheter uniquement un 440 mais ça va faire la job quand même. C’est assez surprenant tout de même, dans un milieu comme celui-ci, que cette petite fusée sera la motoneige la plus rapide du village. Je m’attendais à voir des 700 ou des 800 ici…mais non. Tant mieux, ma réputation de courseur ne s’en portera que mieux!   😉

 

Jacques, le mari de Véro, a également utilisé la même méthode mais il a dû se limiter encore plus : il a mis sur le même avion, un joli petit tape-cul Bravo de Yamaha. Je ne suis pas certain qu’il sache dans quoi il s’embarque…voyez-vous, le Bravo n’a pratiquement aucune suspension, on est assis à 12 pouces du sol pis Jacques doit bien mesurer 6 pieds…il va avoir les genoux dans le guidon, c’est certain! Mais bon, budget oblige, c’est mieux que rien.

 

Ça risque de prendre quelques semaines avant de les recevoir puisque Air Inuit va vouloir les mettre tous les deux dans le même avion et que ça prend pas mal de place. Bon, ya pas encore assez de neige de toute façon alors, on les prendra quand ils arriveront.

 

J’ai hâte!

À suivre…

Livre: Ma vie au Nunavik (13)

Lexique Inuktitut

Mercredi 16 septembre 1998: Voilà donc un mois que je suis arrivé à Kangiqsujuaq. Le temps file à une vitesse folle tellement je dois emmagasiner de nouvelles informations. Mais du même coup, l’adaptation n’est pas nécessairement facile. Si je la trouve difficile, avec ma capacité d’adaptation légendaire, j’ose à peine imaginer ce que les autres doivent vivre. Carlos en est un bel exemple. Le Carlos rieur, dynamique et enjoué de la mi-août a disparu. Il est devenu colérique et marabout. C’est souvent un signe assez évocateur.

De mon côté, je me donne toutes les chances d’apprendre les rudiments de l’Inuktitut puisqu’il s’agit clairement à mes yeux d’un début d’adaptation incontournable. Mon vocabulaire s’agrandit et je commence même à comprendre quelques concepts grammaticaux. 

Premièrement, ce que vous connaissez de la structure langagière du français, mettez-ça aux poubelles…inutile. L’inuktitut est en grande partie composé de mots de base auxquels ont ajoute préfixes, suffixes et infixes pour désigner qui parle, à qui on parle, de qui ou quoi on parle, etc. Par exemple, le corpus « tukisi » faire référence au verbe « comprendre ». En ajoutant « nngi » on désigne la négation donc « ne pas comprendre » et en terminant par « nama » on désigne la personne qui ne comprend pas, dans ce cas-ci, moi. Donc, « Tukisinnginama » veut dire « Je ne comprends pas ». Disons que ce mot est bien utile au début!

 

Voici quelques mots que j’ai mis dans mon ptit tiroir Inuktitut : 

-Ai :                             Allo;

-Aa :                            Oui;

-Auka :                        Non;

-Taima :                      Terminé ou c’est fini;

-Nakurmiik :             Merci;

-Ilaali :                         Bienvenue (dans le sens de « de rien »);

-Qanuipiit :                 Comment vas-tu?;

-Qanuingitunga :      Je vais bien;

-Kinauviit :                 Quel est ton nom?;

-Atsunai :                    Au revoir;

-Qatsi :                          Combien?:

-Alla :                            Tais-toi;

-Atai :                            Allez!;

-Ataata :                       Papa;

-Annana :                     Maman;

-Illai :                            C’est vrai!;

-Anguti :                       Homme;

-Arnnaq :                     Femme;

Bon, je ne vous pondrai pas tout mon dictionnaire mais ça vous donne déjà une petite base. Par ailleurs, pour la prononciation, il faut comprendre quelques concepts. Tout d’abord, sachez que les Inuit écrivent en syllabiques pour la plupart.

Par exemple :

 

veut dire Atai! (até)

 

Et contrairement à ce que même plusieurs Inuit pensent, les syllabiques ne sont pas Inuit du tout. Ce sont les missionnaires qui ont développé ce système qui fut adopté par les Inuit. Écrire l’Inuktitut avec l’alphabet commun est appelé « Qaliujarpait » et permet de lire et prononcer l’Inuktitut sans connaître le syllabique, qui soit dit en passant, est relativement facile à apprendre.

Mais il faut malgré tout connaître quelques règles de prononciation malgré l’usage de notre alphabet.

 

Par exemple :

 

-U        se prononce OU;

-Q        au début ou au milieu d’un mot se prononce R et se prononce K à la fin;

-NG     se prononce GN;

-J         se prononce Y;

-JJ       se prononce TJ;

Donc :

 

-Ulu                             se prononce Oulou;

-Uvunga                    se prononce Ouvougna;

-Kuujjuaq                 se prononce Koutjouak;

-Kangiqsujuaq        se prononce Kagnirsouyouak;

etc.

 

C’est une langue très musicale et on me dit déjà que j’ai appris la musicalité de la langue. Et il est évident que toutes ces petites choses facilitent mon adaptation et surtout mon acceptation par mes élèves. Ah mais oui…il faut savoir se faire accepter. C’est primordial. 

J’espère bien apprendre rapidement cette langue mais c’est assez compliqué sans référence. On verra bien.

À suivre…

Livre: Ma vie au Nunavik (12)

Premières Évaluations

Mercredi, 9 septembre 1998 : Pour l’évaluation j’ai décidé d’y aller à 4 étapes valant 20% chacune et 20% pour l’examen de fin d’année car le Ministère laisse assez de marge de manœuvre à la commission scolaire à ce niveau. Pour chaque étape, je donne 25% pour les devoirs, 25% pour des mini-tests au cours de l’étape et un gros 50% pour les examens de fin d’étape (en 2 parties, sur 2 jours). 

Je ne veux pas partir un grand débat sur les devoirs car il est déjà assez grand partout sur la planète mais j’ai deux raisons pour leur donner des notes. Premièrement, un devoir étant un travail que l’élève fait par lui-même, il doit avoir un feedback sur ce qui ne va pas pour lui permettre de s’améliorer. Bien des enseignants donnent des devoirs mais ne les évaluent pas ou encore pire, ne les corrigent même pas. Je suis complètement en désaccord avec ça. Mais deuxièmement, des anciens me l’ont dit et j’ai été en mesure de le constater moi-même, si les devoirs ne sont pas évalués, les élèves ne les font tout simplement pas.

J’ai 2 types de devoirs. Il y a le mini-devoir, qui se fait généralement en moins de 15 minutes et ce que les élèves ont eux-mêmes baptisés les méga-devoirs qui peuvent prendre facilement une heure. J’essaie de ne donner qu’un seul méga par semaine pour l’instant car ils ne sont pas encore habitués à cette quantité de travail.

J’ai remis les copies corrigées du premier méga hier matin car ils avaient leur premier mini-test cet après-midi. Les notes du devoir varient entre 45% et 100%…mon ptit Tumasi a tout eu bon! Je m’attendais donc à quelque chose de potable lors du premier mini-test. Première constatation, ils étaient nerveux…était-ce bon signe? Je corrige les mini-tests et je reviens vous conter ça.

(…)

Bon. Pas si mal dans les circonstances. Meilleure note : Pasha avec 86%! Excellent! Mais ça baisse vite par la suite…70, 66, 61, 60, 55, 49, 47, 40, 29 et un beau 0 pour Naulittuq. Donc, moyenne de 51% (56% si on fait abstraction du beau 0). Honnêtement, je suis assez content pour une première. Comme je leur ai dit et qu’ils ont compris, les 90% pour tout le monde, c’est terminé ce temps-là!

Bon, Naulittuq. Je savais déjà qu’il avait de grandes lacunes mais là c’est une confirmation majeure. Et il s’est présenté, il a bûché toute la période et il a écrit plein de choses mais il n’a absolument rien compris. J’ai vraiment cherché pour lui donner des points mais rien à faire. Grosse tâche en perspective.

À suivre…

Livre: Ma vie au Nunavik (11)

Questionner, questionner, questionner…

Mardi, 8 septembre 1998: Un des points qui m’apparaît de plus en plus évident avec mes élèves c’est qu’ils ne sont pas du tout habitués à se faire poser des questions dans le cadre d’une stratégie pédagogique. Ça implique évidemment qu’ils ne sont pas habitués à y répondre et encore moins à être confrontés directement à une réflexion momentanée. Disons que c’est pas mal primordial comme procédé d’apprentissage! Je suis toujours aussi surpris et enragé de voir ce qui s’est fait (pas fait) dans le passé.

J’ai donc décidé que j’allais pousser la stratégie au maximum…presque à l’exagération. Mais ils vont se développer à mesure. Je questionne donc tout le temps! Même pour des concepts de base : « Joanasie, pourquoi 2x + 5 + 3x = 5x + 5? »

L’idée ici étant évidemment de vaincre la peur initiale de répondre en y allant avec des choses simples. Et ça commence à fonctionner. Bon, il est clair que j’ai dû insister sur le fait que personne ne devait rire d’une mauvaise réponse, que tout le monde pouvait en faire, que les erreurs font partie de l’apprentissage, etc. Mais j’y arrive tranquillement.

Là où il y a encore beaucoup de résistance, c’est de donner une réponse autre que « Atsuuk » avec un petit haussement d’épaules. (Atsuuk, en bon québécois, ça veut dire « je l’sais-tu moé! » ou « je ne sais pas » pour les puristes). C’est une réponse traditionnelle chez les Inuit…on l’utilise à toutes les sauces. Quand on ne sait vraiment pas, quand on en a rien à foutre ou quand on préfère que la question soit posée à quelqu’un d’autre.

Par exemple, si je vais voir notre secrétaire Jaani pour lui demander quel est le numéro de téléphone d’une personne en particulier, il préférera me dire « Atsuuk » s’il ne connaît pas le numéro par cœur plutôt que de le chercher pour moi ou même me donner l’annuaire téléphonique du Nunavik. Non, il aime mieux que je m’arrange pour le trouver autrement.

Je ne crois pas que ce soit malicieux mais plutôt une véritable habitude qui est ancrée au plus profond de leur culture. Un peu comme plusieurs personnes ont la malheureuse habitude de dire immédiatement « quoi? ou hein?» quand on leur pose une question même s’ils ont très bien compris.

Mais bon, pour les élèves ça avance. Disons que le moment où eux seront assez à l’aise pour me poser des questions est encore loin à mon avis, mais une étape à la fois. 

À suivre…

 

Livre: Ma vie au Nunavik (10)

Évaluation frauduleuse

Mardi, 1er septembre 1998: Ce matin, j’ai confirmé plusieurs de mes doutes. Petit retour en arrière pour expliquer. À mon entrée à l’école, le directeur, Lukasi, m’avait remis la liste de mes élèves ainsi que leurs niveaux et leurs programmes mathématiques respectifs. Il était évidemment bien mal aisé pour moi à ce moment-là de questionner l’information. J’ai pris les papiers, me suis fait des photocopies des bulletins de tous mes élèves pour les 3 années précédentes et j’ai tout mis ça dans un dossier de mon classeur sans vraiment les scruter à la loupe.

Or, quand j’ai monté mon fichier d’évaluations des élèves pendant le week-end, j’ai eu besoin des codes de cours. C’est donc à ce moment que j’ai ressorti tous les bulletins. Et je suis tombé en bas de ma chaise!

Tous les élèves qui m’étaient confiés cette année pour que je leur donne le cours Maths 514, avaient tous réussi, selon les bulletins, le cours de Maths 416 avec un minimum de 81% comme note finale! Oui oui, 81% pour le « pire » élève! Ça ne fonctionnait pas du tout. Absolument, mais alors là, absolument i-m-p-o-s-s-i-b-l-e!

Pour ceux qui ne connaissent pas, le cours de 416 comporte plusieurs concepts comme les modèles géométriques, l’algèbre (Résolution de problème, factorisation, systèmes d’équations, etc…) et toute une section sur la trigonométrie (j’en passe). Mais alors, comment des élèves ayant supposément obtenu au moins 81% dans un cours semblable peuvent-ils avoir tant de lacunes sur des concepts mathématiques de base qu’ils auraient nécessairement dû maîtriser pour obtenir des notes de cet ordre? La réponse m’apparaissait très claire…mais je tenais à vérifier tout ça et c’est ce que j’ai fait ce matin.

J’ai regroupé tous mes élèves en avant du tableau principal (ayant deux niveaux différents dans ma classe, je me dois de séparer le groupe en deux, avec 2 tableaux et je fais l’aller-retour entre les deux). Puis, je leur ai demandé de me trouver la réponse à ce que j’écrivais au tableau.

Première question : √16?  Tout ce que j’ai vu pendant 2 minutes, c’était 10 petites faces de ce genre   😯

Aucune réponse. J’ai donc demandé : « Qu’est-ce qui se passe? Personne ne connaît la réponse? ».

La seule qui a « osé » dire quelque chose, c’est Leah. « Qu’est-ce que ça veut dire le « √ » ?   Ayoye! À mon tour d’avoir l’air de   😯  !!!

Vous n’avez jamais vu ça? C’est le symbole de la racine carrée…ça vous dit quelque chose non?

Toujours  😯  !!!

Ah ben calvaire…J’ai continué comme ça pendant 30 minutes!  Sinus, cosinus, tangente, connaissent pas. Factoriser 3x+6, savent pas quoi faire. Résoudre 2x+5 = 13, incapables. Pente, volume, médiane, bissectrice, arête, produit, puissance…bien plus que des mots inconnus, ce sont des concepts qu’ils n’ont jamais, au grand jamais, abordés dans leur vie!

Expliquez-moi donc maintenant comment on peut se retrouver avec 81% ou plus dans un cours de Maths 416 dans ces circonstances? Bien facile à comprendre…on fraude! Et là, je ne parle pas de « petite fraude » où un prof change la note de 57% à 60% dans le bulletin! C’est de la fraude à grande échelle! Non seulement on fraude par les notes…on fraude par les évaluations, on fraude par le contenu, et surtout, au bout du compte, on fraude les élèves! Et là, je trouve ça littéralement criminel!!! Et je pèse mes mots!

Quand on commet de telles horreurs, c’est la vie de l’élève qu’on détruit. Pendant tous leurs parcours scolaires, ils ont fait du sur-place en se faisant dire, par les évaluations et promotions (mais j’imagine aussi que ça se faisait verbalement) qu’ils étaient bons en maths! Mais quelle horreur! Imaginez leurs têtes quand je leur ai montré les programmes qu’ils auraient dû suivre, les livres qu’ils auraient dû utiliser, les concepts qu’ils devraient maîtriser facilement…et que je leur ai fait comprendre qu’ils ont été trichés par le passé. Ça n’a pas été facile, croyez-moi!

Mais, tous ensemble, nous nous sommes mis à parler, en table ronde. Et je leur ai dit clairement : « Je vous promets, que si vous êtes prêts à travailler fort, je vais vous permettre de rattraper beaucoup de ce que vous avez perdu. Mais comprenez bien ceci : les grosses notes, c’est terminé pour un bon ptit bout de temps. Je veux même que vous essayiez de les oublier. On va se concentrer sur l’amélioration. Si vous avez 30% lors de la prochaine évaluation, ce n’est pas grave! Ce qu’il faut, c’est de viser 35% pour la suivante. On va y aller tranquillement et on va y aller tous ensemble. Je vous jure que tant que vous allez être avec moi, vous allez avoir la vérité! On se met au travail ensemble? »

Et vous savez quoi? Non seulement ont-ils tous dit oui de façon très énergique mais ils ont tous quitté la classe avec un grand sourire, sur les lèvres et dans les yeux! J’ai vraiment espoir…on verra bien.

À suivre…